[notes pour une dérive contrôlée]

La guerre contre la Russie en 2029 ou 2030 : la marche offensive est lancée

« Nous devons nous tourner résolument vers l’état d’esprit de guerre et booster notre défense », a déclaré Mark Rutte jeudi à Berlin. Plus de sous-entendus, plus d’euphémismes : le Secrétaire général de l’OTAN exige explicitement que l’Europe abandonne « l’état d’esprit de temps de paix » pour adopter celui de la guerre. Et pas n’importe quelle guerre : une guerre « préventive », « défensive », contre une Russie qui – son doigt mouillé est catégorique – « se prépare à une confrontation à long terme avec l’Ukraine et avec nous ».

Le vocabulaire lui-même trahit le projet : « Les dépenses militaires ne sont pas une option, c’est une nécessité de survie », martèle Rutte devant le German Council on Foreign Relations – à Berlin, naturellement, là où se joue la renaissance du militarisme européen. L’objectif de 2% du PIB ? Dépassé. Rutte demande aux États membres de « consacrer davantage à la défense que ce qu’ils estiment pouvoir se permettre ». Traduisez : sacrifiez tout : santé, éducation, services publics, sur l’autel de la guerre qui vient.

Et contre qui, cette guerre « préventive » ? Contre une Russie accusée de mener « une campagne de sabotage à travers l’Europe » (pipelines, câbles, cyberattaques, assassinats). Le vocabulaire des « opérations hybrides » permet d’accuser sans prouver ni déclaration formelle. Pendant ce temps, le registre de Poutine offre des garanties écrites, mais qu’importe : « Poutine ne veut pas négocier, il veut imposer sa volonté » (Rutte). La prophétie autoréalisatrice est digne d’Orwell : on refuse la négociation qu’on prétend que l’adversaire refuse, on prépare l’offensive qu’on présente comme défensive.

La Chine, dans ce scénario, entre en scène comme ennemi auxiliaire. 80% des composants électroniques dans les armes russes viendraient de Pékin, 90% des microélectroniques. « La Chine ne peut pas continuer à alimenter le plus grand conflit en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale sans que cela affecte ses intérêts », menace Rutte. L’impérialisme européen ne vise plus seulement Moscou : il construit déjà la coalition anti-chinoise que prépare Trump de son côté. Front à l’Est, front à l’Extrême-Orient : la guerre totale se dessine, « préventive » bien sûr, toujours « défensive »…

Est-ce que ce discours de Berlin marque un tournant ? En tous cas, terminé les faux-semblants pacifistes, et plus de « soutien à l’Ukraine pour négocier en position de force ». Rutte assume : « Nous devons nous préparer nous-mêmes à tout ce qui nous attend ». L’OTAN ne se prépare plus à « dissuader » ou « contenir », elle se prépare à frapper – ces déjà fameuses « frappes préventives défensives » théorisées sans rire par l’amiral Cavo Dragone début décembre…

L’impérialisme européen, trop longtemps vassal de Washington, rêve de sa propre guerre de prédation. Affaiblir la Russie en Ukraine ne suffit plus : il faut la dépecer, s’emparer de ses ressources, la replacer définitivement dans le giron occidental. « L’état d’esprit de guerre » que Rutte appelle de ses vœux, c’est celui de 1914 et de 1939 : le capitalisme en crise qui ne trouve plus d’autre issue que la destruction massive pour relancer la machine à profits.

Donc tout converge vers une offensive sur le territoire russe, présentée comme légitime défense anticipée. Et ils osent parler de « menace russe » pendant qu’ils fabriquent méthodiquement la boucherie qui vient.

2029 ou 2030, c’est demain. Le compte à rebours est lancé.


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