.[notes & articles pour une dérive contrôlée].

[note] L’Allemagne qui se réarme massivement face à la “menace russe” pour être “prête en 2029”… ça ne vous rappelle rien ?

Le ministre allemand de la défense, Boris Pistorius, annonce une augmentation de 23% des engagements militaires, le budget de la défense bondit de 80% pour atteindre 150 milliards d’euros d’ici 2029 – un modèle suggère même que sur 10 ans, avec 3,5% du PIB, cela pourrait atteindre 650 milliards ! (1) Et la Bundeswehr passera à 260 000 soldats en service actif d’ici 2035. En outre, Merz a réussi à exempter les dépenses militaires du frein constitutionnel à l’endettement : l’armée ne connaîtra plus de limites budgétaires, plus aucun contrôle démocratique sur les dépenses de guerre. Pistorius a fixé l’objectif explicite : « Nous devrions tout faire pour être prêts en 2029« , avertissant que « la Russie pourrait (sic) être en position d’attaquer l’Occident d’ici la fin de la décennie« .

Et comme le recrutement se heurte à la résistance des jeunes Allemands – un sondage révèle qu’une majorité écrasante des 15-25 ans refusent de prendre les armes (ils ont d’ailleurs été nombreux dans les rues des grandes villes, début décembre, pour le dire) –, on évoque déjà la « réintroduction nécessaire de la conscription« . Le complexe militaro-industriel ressuscite à vitesse grand V : Rheinmetall, le géant de l’armement fournisseur des deux guerres mondiales, construit 13 usines d’armement à travers l’Europe. Son CEO Armin Papperger se vante : « Nous sommes la compagnie de défense qui croît le plus vite en Europe« . L’Allemagne déploie sa 45e brigade blindée (5000 soldats) en Lituanie : premier déploiement permanent de combat à l’étranger depuis la Seconde Guerre mondiale. On travaille même sur des cafards cyborg équipés de caméras et micros pour missions de reconnaissance au front.

2029, préparation à la guerre, réarmement allemand massif, exemption constitutionnelle pour les dépenses militaires, conscription obligatoire, menace venant de l’Est, tout cela au nom de la défense contre l’agresseur… Berlin 2025 – Berlin 1933 : même rhétorique, même mécanique, même calendrier d’urgence, même ennemi désigné à l’Est, même explosion budgétaire militaire soustraite au contrôle démocratique… Des différences bien sûr : en 1933, c’était le “bolchevisme” que le régime nazi avait en ligne de mire ; en 2025, c’est la Russie qu’il faut “contenir”. Le nationalisme allemand ressuscité, l’industrie de guerre relancée, la jeunesse embrigadée, mais cette fois au nom de la “démocratie” et des “valeurs européennes”… Et Merz d’oser invoquer Munich 1938 pendant que son pays reproduit point par point la militarisation des années 30…

Et donc « L’Allemagne est de retour », comme l’a déclaré Merz… L’Histoire ne se répète pas, disait Marx, elle bégaie. Là, elle récite quasiment le même script mortifère.


(1) Mercredi 17 décembre (2025), lors d’une session à huis clos du Bundestag, les législateurs allemands ont approuvé 30 contrats d’armement d’une valeur de 50 milliards d’euros en une seule journée : le plus important achat militaire de toute l’histoire du pays. 21 milliards pour équipement militaire, 4 milliards pour véhicules de combat Puma, 3,4 milliards pour obusiers, 3 milliards pour systèmes antimissile Arrow 3. Objectif : doubler les dépenses de défense entre 2025 et 2030 pour constituer « la force conventionnelle la plus puissante d’Europe d’ici 2029 »…


Lire aussi :


En savoir plus sur pointsdancrage.fr

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

En savoir plus sur pointsdancrage.fr

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture

En savoir plus sur pointsdancrage.fr

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture