
5 000 milliards de dollars seront investis dans les infrastructures IA d’ici 5 ans, dont près de la moitié financée par de la dette externe. Donc la Banque d’Angleterre – qui n’est pas une petite banque de province – annonce la couleur (BBC) : la frénésie IA représente un risque systémique pour la stabilité financière mondiale. Pendant ce temps, les valorisations boursières des entreprises tech sont « sensiblement excessives » selon leurs propres termes. Le gouverneur Andrew Bailey précise même le déroulement de la déflagration : quand la bulle IA éclatera, les pertes sur prêts feront monter les coûts d’emprunt pour tout le monde (entreprises, États, ménages) et la richesse des foyers britanniques s’évaporera. Faut dire, l’IA a généré les 2/3 des gains du S&P 500 cette année. Quand ces gains s’inverseront, ce sera juste l’effondrement en cascade. BlackRock prévient que la dette IA va faire monter les taux américains ? La Banque d’Angleterre va plus loin : elle dit que c’est toute l’économie mondiale qui trinquera.
Juste l’exemple d’Oracle pour se faire une petite idée de la catastrophe qui vient. Un petit moment déjà que cette entreprise tech historique emprunte massivement pour acheter du matériel qui sera obsolète dans 2 ans, pour générer des revenus qui n’existent pas encore, dans un secteur où OpenAI a perdu 11,5 milliards le trimestre dernier. Résultat : ses credit default swaps – en gros, le prix pour s’assurer contre sa propre faillite – ont triplé depuis juillet. En clair : les marchés financiers parient donc qu’Oracle a 3 fois plus de chances de se casser la figure qu’il y a 6 mois. Et Oracle n’est qu’un exemple parmi les 121 milliards de dettes contractées cette année par les Big Tech.
Ce qui est remarquable encore ici, c’est qu’une banque centrale le dise avant l’explosion. En 2000 et 2008, elles ont réagi après. Cette fois, la Banque d’Angleterre déclare l’alerte rouge : 5 000 milliards investis sur une promesse technologique incertaine means ça pètera & ça contaminera toute l’économie. Et BlackRock de continuer de dire « achetez des actions tech », les plateformes de pousser l’investissement via des applications gamifiées, les fonds de pension – qui ont déjà mis des milliards dedans et ne peuvent plus reculer – de regarder ailleurs…
Reste à essayer d’imaginer comment, lorsque que ces 5 000 milliards – l’équivalent du PIB du Japon – s’évaporeront en actifs dépréciés et dettes impayables, comment, et à quel prix, ou plus exactement à quelle sauce, les contribuables et retraités britanniques, américains, canadiens et européens seront dévorés pour renflouer le grand capital…
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