Quand l’architecture juridique internationale a perdu son utilité, y compris comme instrument de légitimation
Depuis des mois, Washington menait une campagne d’escalade militaire contre le Venezuela : frappes maritimes ayant tué au moins 83 personnes dans les eaux internationales, blocus naval des pétroliers « sanctionnés », et même une frappe de drone sur le sol vénézuélien visant un quai prétendument utilisé pour charger des bateaux de drogue. Puis, début janvier 2026, les États-Unis ont déployé plus de 150 avions et des unités de la Delta Force pour exfiltrer par la force le président vénézuélien Nicolás Maduro. L’opération, baptisée « Absolute Resolve » a été justifiée en invoquant le « narcoterrorisme » et en affirmant que les États-Unis étaient en « conflit armé » avec les cartels de la drogue, mais, rapidement, le jour même, lors d’une conférence de presse à Mar-a-Lago, Donald Trump a explicité l’objectif sans s’embarrasser d’euphémismes : « Nous allons avoir nos très grandes compagnies pétrolières américaines, les plus grandes du monde, y aller, dépenser des milliards de dollars, réparer l’infrastructure gravement endommagée, l’infrastructure pétrolière, et commencer à gagner de l’argent pour le pays. » (1) Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde : 303 milliards de barils, soit 17% des réserves mondiales. Trump a affirmé que les États-Unis allaient « extraire une quantité énorme de richesses du sol » qui irait « au peuple du Venezuela […] et aussi aux États-Unis d’Amérique sous forme de remboursement pour les dommages causés par ce pays ». Pas de prétexte humanitaire, pas d’invocation de la démocratie, mais une annexion pétrolière assumée (2).
Dans la foulée, Trump a déclaré que les États-Unis avaient « absolument besoin du Groenland », Katie Miller (3) publiant une image du territoire danois recouvert du drapeau américain avec la légende « BIENTÔT ». Un envoyé spécial a été nommé avec pour mission explicite de « faire du Groenland une partie des États-Unis ». Sur ce, l’économiste Jeffrey Sachs a immédiatement averti que Washington pourrait envahir le territoire arctique, l’opération vénézuélienne servant de preuve que les États-Unis démantèlent désormais ouvertement le droit international (4). Quant aux chancelleries européennes, qui jusqu’ici offraient l’impunité à Israël tandis qu’il commet un génocide à Gaza, elles ont répondu par des silences embarrassés et quelques rappels amicaux sans conséquence.
Certes, l’impérialisme américain n’a pas attendu 2026 pour violer le droit international : Guatemala en 1954, Vietnam, Grenade en 1983, Panama en 1989, Irak en 2003, Libye en 2011… Washington a toujours ignoré les conventions quand elles contrariaient ses intérêts, mais jusqu’ici, il maintenait scrupuleusement la fiction de leur respect. Il fallait des résolutions ONU bidouillées, des « preuves » fabriquées (comme les fioles de Powell), des coalitions factices baptisées « communauté internationale », des euphémismes soigneusement calibrés (« opération de libération » « responsabilité de protéger gnagnagna »). Cette hypocrisie performative servait à préserver l’architecture juridique internationale comme instrument de domination : utile pour sanctionner les adversaires, pour contraindre les alliés et pour légitimer les interventions. Le capitalisme contemporain reposait sur cette infrastructure juridico-institutionnelle qui encadrait les flux de capitaux, protégeait les investissements, stabilisait les contrats, tout en permettant les violations quand nécessaire, mais toujours sous couvert de légalité.
Or, ce qui s’effondre aujourd’hui, c’est précisément cette couverture minimale. David M. Crane, ancien procureur en chef du Tribunal spécial de l’ONU pour la Sierra Leone, a énuméré les violations flagrantes du droit international commises par Washington au Venezuela : usage de la force sans autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU, absence de légitime défense puisque le Venezuela n’a lancé aucune attaque armée contre les États-Unis, exécutions extrajudiciaires en eaux internationales où des survivants ont été tués après la destruction de leurs embarcations, frappe transfrontalière de drone sur un État souverain sans consentement ni justification légale. Comme le rappelle Crane, la Charte de l’ONU n’autorise l’usage de la force que dans 2 cas strictement définis : autorisation du Conseil de sécurité ou légitime défense en réponse à une attaque armée… aucune de ces conditions n’est remplie. Des experts onusiens des droits humains ont même explicitement déclaré que le blocus naval américain « équivalait à une attaque armée » et qu’il n’existait « aucun droit d’imposer des sanctions unilatérales par un blocus armé » (5). Mais l’impérialisme US s’en contretape : plus besoin, ni de nécessité de se justifier. Trump ne prétend pas libérer les Vénézuéliens ou protéger les Groenlandais, il dit cash « nous avons besoin du pétrole » et « nous avons besoin du Groenland », puis envoie la Delta Force. Pourquoi maintenir une fiction quand la course aux ressources exige une rapidité incompatible avec la temporisation diplomatique, quand l’Europe vassalisée ne réagit même pas au génocide à Gaza ? Le coût de l’hypocrisie organisée excède ses bénéfices, passons donc du mensonge institutionnalisé au cynisme assumé…
Pendant ce temps, l’Europe ne peut que constater son impuissance, non seulement par couardise morale mais surtout par vassalisation structurelle. Ces chancelleries qui ont accepté tacitement le génocide à Gaza, militarisé leur soutien à l’Ukraine en alignement atlantiste inconditionnel (6), gardé le silence face à l’appropriation du pétrole vénézuélien, sont désormais incapables de défendre l’intégrité territoriale du Danemark, État membre de l’UE (7). Cette incapacité révèle ce que beaucoup refusaient de voir : l’Europe est un protectorat sans souveraineté, structurellement dépendant de Washington pour sa défense, son énergie, sa technologie, sa finance (7). Sachs prédit même que l’Europe répondra à une invasion du Groenland par « Oh, merci les États-Unis » (4)…
L’abandon des justifications mesure l’effondrement des résistances
Je résume le moment : l’impérialisme a toujours été violent, mais il s’encombrait encore de légitimations, de procédures, de votes au Conseil de sécurité, même truqués. Désormais, il n’a plus besoin de se justifier, la force nue redevient le langage premier, sans traduction institutionnelle. ONU, tribunaux internationaux, opinion publique ne comptent plus. Gaza l’a démontré, le Venezuela et le Groenland le confirment (8) (en attendant Cuba ? (9) La Colombie ? Le Mexique ? (10) Le Canada ? La Russie ? La Chine ? (11)) : c’est la fin de toute médiation entre la force et son exercice, le retour assumé à un impérialisme territorial direct où les ressources – pétrole vénézuélien, terres rares du Groenland – se prennent par la force militaire sans même le masque de la légalité internationale. Et demain les compagnies américaines s’installeront au Venezuela avec l’appui des troupes, et si le Danemark proteste trop fort pour le Groenland, qui l’empêchera de subir le même sort ? Certainement pas l’Europe, déjà à genoux (12).
Ce moment a peut-être un mérite, aussi amer soit-il : il révèle l’état réel du rapport de forces. Si l’impérialisme cesse de s’embarrasser de médiations institutionnelles, ce n’est pas par excès de puissance mais parce qu’il n’a plus d’adversaires significatifs en son sein à convaincre ou à neutraliser. Les fictions juridiques – ONU, droit international, tribunaux – n’ont jamais été conçues pour limiter la domination, mais pour canaliser les luttes dans des procédures sans fin, faire croire que la violence impérialiste était l’exception et la légalité la règle. Aujourd’hui, le mouvement ouvrier est dans le coma, les syndicats vassalisés, les partis de gauche européens alignés sur l’OTAN, les organisations internationales vidées de toute substance… Trump n’a plus personne à tromper, ni aucune opinion publique organisée à amadouer : il peut dire tout haut ce que ses prédécesseurs faisaient tout bas, « nous prenons le pétrole parce que nous le voulons », « nous annexerons le Groenland parce que nous en avons besoin », et « si vous protestez, nous avons la Delta Force »…
Mais ce moment de vérité nue pourrait paradoxalement servir de point d’appui pour reconstruire une conscience politique claire. Tant que l’impérialisme se masquait derrière le droit international, il était encore possible de croire qu’en renforçant les institutions, en militant pour leur respect, en appelant à l’application des conventions, on pourrait limiter la violence. Gaza a détruit cette illusion pour tous ceux qui voulaient encore y croire : plus de 100 000 morts, un génocide filmé en direct, et, au fond, toutes les institutions internationales n’ont servi qu’à légitimer l’impunité. Le Venezuela aujourd’hui et « bientôt » le Groenland le confirment : ces structures protègent l’ordre qui nous écrase. Leur effondrement ne change donc pas la nature de la prédation impérialiste, il la dévoile dans sa brutalité première. Quand l’ennemi cesse de se cacher, il devient visible… Et c’est précisément cette clarification qui pourrait permettre de penser autrement la résistance : non plus en termes de respect du droit ou d’appel aux institutions, mais en termes de rapports de force matériels, d’organisation collective, de blocages effectifs.
(1) Une semaine plus tard (mardi 13 janvier 2026), Trump : « Nous allons être formidables pour le Venezuela, formidables pour notre pays. Nous allons absorber des millions et des millions de barils de pétrole. » (sic)
(2) Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche et principal idéologue taré de l’administration Trump, a défendu l’arrestation de Maduro lors d’une interview sur CNN en déclarant « Bien sûr que nous l’avons fait ! » et en affirmant que les États-Unis sont désormais « aux commandes » du Venezuela parce que des forces militaires américaines y sont stationnées. L’administration a écarté María Corina Machado, chef de l’opposition d’extrême droite et lauréate du prix Nobel de la paix, pour installer à sa place Delcy Rodríguez, une fidèle du régime Maduro, comme présidente par intérim. La logique : Washington ne cherche pas à installer une opposition démocratique qui pourrait avoir sa propre ligne politique, mais à maintenir l’appareil d’État vénézuélien intact sous contrôle américain, autrement dit un régime fantoche qui facilitera l’accès des compagnies pétrolières américaines aux 303 milliards de barils de réserves sans résistance nationaliste. Du reste, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick n’a pas dissimulé non plus cet objectif : « redresser » l’économie vénézuélienne en exploitant ses « énormes réserves de pétrole et de gaz naturel » ainsi que ses richesses minérales dans l’arc minier de l’Orénoque. Même chose du côté du secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, qui a annoncé lors d’une conférence Goldman Sachs à Miami que le gouvernement américain souhaitait relancer la production pétrolière vénézuélienne avec des revenus déposés sur des comptes contrôlés par les États-Unis… précisant qu’il est en discussions avec des compagnies pétrolières américaines pour déterminer les conditions qui leur permettraient d’opérer au Venezuela et d’acheminer le pétrole vers les raffineries américaines…
11/01/2026 — À peine une semaine après la capture de Maduro le 3 janvier, les mécanismes d’appropriation sont déjà opérationnels. Le négociant en matières premières Vitol charge sa première cargaison de naphta en provenance du Golfe du Mexique à destination du Venezuela, tandis que son concurrent Trafigura se prépare à expédier du brut vénézuélien vers les États-Unis la semaine prochaine dans le cadre de nouveaux accords d’approvisionnement avec le gouvernement américain. Ces expéditions marquent la première mise en œuvre concrète du contrôle américain sur les ventes de pétrole vénézuélien. Les grandes compagnies pétrolières (Chevron, ExxonMobil, Shell) ainsi que les traders Vitol et Trafigura sont en concurrence pour obtenir des contrats lucratifs visant à exporter jusqu’à 50 millions de barils de pétrole accumulés par la compagnie publique PDVSA dans le contexte d’un embargo américain qui avait interrompu les expéditions vers la Chine. Vitol a déjà reçu une licence préliminaire du gouvernement américain pour négocier l’importation et l’exportation de pétrole vénézuélien pour 18 mois. Et l’administration Trump a annoncé qu’elle contrôlerait les ventes de pétrole vénézuélien et les revenus correspondants « pour une durée indéterminée ». Le Venezuela devient un laboratoire en temps réel de ce que signifie concrètement l’appropriation impérialiste des ressources au XXIe siècle…
(3) L’épouse de Stephen Miller, conseiller adjoint en chef de Trump (deputy chief of staff) et architecte idéologique de ses politiques les plus dures, notamment sur l’immigration.
(4) « US could invade Greenland under national emergency, warns Jeffrey Sachs », India Today, 5 janvier 2026.
(5) « Sliding Toward Aggression: America’s Venezuela Campaign and the Unraveling of International Law, par David M. Crane (JuristNews, 2 janvier 2026).
(6) L’Ukraine n’offre pas seulement à l’impérialisme un atout géopolitique face à la Russie, mais aussi un terrain de prédation économique. Une poignée de holdings agricoles, associant oligarques ukrainiens et fonds d’investissement occidentaux (Goldman Sachs, BNP, Deutsche Bank, BERD), contrôlent aujourd’hui des centaines de milliers d’hectares des plus riches terres agricoles du monde. La guerre accélère ce processus d’appropriation : la dette publique et privée ukrainienne, qui explose pour financer le conflit, donne aux créanciers occidentaux le pouvoir de mettre la main sur les entreprises et les terres du pays (lire à ce propos : « Holdings agricoles en Ukraine : l’alliance des oligarques et des financiers occidentaux », Lutte ouvrière, février 2024).
Steve Witkoff, envoyé spécial américain, a annoncé le 6 janvier 2026 à Paris un partenariat entre les États-Unis et BlackRock pour reconstruire l’Ukraine avec 800 milliards de dollars sur dix ans, présenté comme « l’accord de prospérité le plus robuste » qu’un pays ait jamais connu après un conflit. Le PDG Larry Fink travaillerait « bénévolement » (sic & lol). Comment exactement vont-ils gagner ? Prêts garantis par l’État (profits privés, risques socialisés), privatisations massives des actifs publics ukrainiens (terres, infrastructures, énergie), et contrats de reconstruction pour les multinationales dans lesquelles BlackRock est investi. Witkoff lie explicitement « économie robuste » et « protocoles de sécurité », comprendre : les garanties de sécurité pour l’Ukraine sont négociées en fonction des intérêts économiques de Wall Street dans la reconstruction. Comme l’avait dit Henry Kravis : « Ces périodes de chaos ont toujours été le meilleur moment pour investir. » Bref, rien de nouveau : la destruction massive crée une aubaine pour le capital, BlackRock récupère la plus grosse part du gâteau et l’Ukraine remboursera sa dette pendant des générations…
(7) Trump envisage « un éventail d’options » pour acquérir le Groenland auprès du Danemark, y compris le recours potentiel à l’armée américaine, selon un communiqué de la Maison-Blanche publié mardi 6 janvier 2026, décrivant l’île comme cruciale pour la sécurité nationale et la dissuasion des menaces dans l’Arctique. Des dirigeants européens de Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne se sont joints au Danemark dans une déclaration commune condamnant ces menaces et affirmant que « le Groenland appartient à son peuple », tandis que la Première ministre danoise Mette Frederiksen a averti que toute attaque américaine contre ce territoire membre de l’OTAN marquerait « la fin de l’OTAN » et des cadres de sécurité de l’après-Seconde Guerre mondiale.
(8) Dimanche 11 janvier 2026, le président Donald Trump a ordonné au Commandement des opérations spéciales interarmées (JSOC) d’élaborer un plan d’invasion du Groenland.
(9) « Après l’intervention militaire au Venezuela, Donald Trump enchaîne les menaces, contre le Groenland ou Cuba » (Le Monde, 5 janvier 2025) : « A bord d’Air Force One, le président américain a affirmé avoir « besoin » du Groenland pour des raisons de « sécurité nationale » et que les Etats-Unis s’en « préoccuperaient » d’ici deux mois. Il a également menacé d’autres pays d’Amérique latine ». Une semaine après l’opération à Caracas (samedi 10 janvier 2023), Trump a menacé Cuba exigeant que l’île « conclue un accord » sous peine de conséquences non précisées, avertissant que « l’afflux de pétrole vénézuélien et d’argent vers La Havane allait désormais s’interrompre ». « Il n’y aura plus ni pétrole ni argent pour Cuba ! Zéro ! », a déclaré Trump sur Truth Social. En outre, Trump a republié un message imaginant Marco Rubio comme « président de Cuba », accompagné du commentaire : « Cela me paraît très bien ! »
(10) « Sheinbaum Says Trump’s Mexican Invasion Threat Isn’t Serious », (Bloomberg, 5 janvier 2026).
(11) L’opération américaine au Venezuela s’inscrit dans la stratégie de Trump visant à contrer la domination économique chinoise en Amérique latine, où Pékin a supplanté les États-Unis dans 10 des 12 pays d’Amérique du Sud grâce à plus de 500 milliards de dollars d’échanges bilatéraux et 303 milliards de dollars de financement entre 2000 et 2023. Au Venezuela en particulier, la Chine y a investi plus de 62 milliards $ depuis 2007 et elle absorbait jusqu’à présent 80% de ses exportations pétrolières… Le 9 janvier 2026, Trump a annoncé que la Chine serait désormais limitée à l’achat de pétrole vénézuélien uniquement par l’intermédiaire de marchés contrôlés par les États-Unis, menaçant directement l’accès de Pékin à un pays où elle détient une créance d’environ 10 milliards de dollars et qui lui a fourni plus de la moitié des 768 000 barils par jour de pétrole brut exportés par le Venezuela l’année dernière.
(12) Interrogé sur les intentions américaines concernant le Groenland, Stephen Miller, chef de cabinet adjoint de la Maison-Blanche, a remis en question la légitimité de la revendication territoriale du Danemark et refusé d’exclure le recours à la force militaire pour acquérir l’île arctique, déclarant : « Personne ne va affronter militairement les États-Unis pour l’avenir du Groenland. » Cette menace explicite contre un allié de l’OTAN a provoqué des avertissements du Danemark selon lesquels une telle action mettrait fin à l’Alliance atlantique. Le Groenland possède d’immenses réserves de terres rares essentielles aux technologies numériques et militaires, ainsi qu’une position stratégique pour le contrôle des routes arctiques qui s’ouvrent avec le réchauffement climatique. La doctrine Miller est claire : le droit du plus fort prime sur les alliances et les traités.
Malgré tout, apparaît un semblant de réaction en Europe : des dirigeants européens de Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie, Pologne et Espagne se sont joints au Danemark dans une déclaration commune condamnant ces menaces et affirmant, sans rire, que « le Groenland appartient à son peuple ». La France, par ailleurs, se coordonne avec ses alliés européens pour « élaborer un plan de réponse » au cas où Trump donnerait suite à ses menaces. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a déclaré que le secrétaire d’État Marco Rubio avait confirmé lors d’un entretien téléphonique qu’une invasion militaire était « exclue » — alors même que la Maison-Blanche indiquait simultanément que le recours à la force militaire demeurait « une option ». Bref : les Européens se raccrochent aux assurances verbales de subalternes américains pendant que l’administration affiche publiquement l’inverse, espérant que les « canaux diplomatiques » fonctionneront encore alors que Washington vient de démontrer au Venezuela qu’ils ne fonctionnent plus. Et, au cas où Trump s’empare du Groenland contre les intérêts européens, ils préparent leurs éléments de langage…
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