Michael Burry – celui-là même qui avait prédit le krach des subprimes en 2008 et qui nous a valu un film avec Christian Bale – vient de placer ses jetons : il parie sur l’effondrement de Nvidia et Palantir avec des options de vente à 2 ans. Dans un podcast avec Michael Lewis, Burry annonce que la bulle IA déclenchera un crash « plus sévère« que l’explosion de la bulle Internet qui avait pulvérisé Nortel et Cisco en 2000. Tout le monde construit des data centers, achète des GPU, emprunte des milliards, mais personne ne génère les revenus qui justifieraient ces investissements. C’est même pire que les télécoms de la fin des années 1990 selon lui. Les hyperscalers (Amazon, Google, Microsoft, Meta) allongent artificiellement les calendriers d’amortissement des GPU à 5 ou 6 ans alors que le matériel devient obsolète en 2 ou 3 ans maximum. Résultat : ils sous-estiment l’amortissement, gonflent artificiellement leurs bénéfices – « L’une des fraudes les plus courantes de l’ère moderne« , précise-t-il. Sur Palantir spécifiquement, Burry enfonce le clou : la « rentabilité » de l’entreprise est une illusion comptable. Une fois qu’on traite la rémunération en actions comme une vraie dépense (ce qu’elle est), Palantir ne fait aucun bénéfice. L’entreprise dilue ses actionnaires de 4,6% par an malgré des rachats d’actions, et Burry note un ratio hallucinant : « 5 milliardaires sont sortis d’environ 4 milliards de dollars de revenus« . Traduction : les fondateurs et dirigeants s’enrichissent massivement via des stock-options pendant que l’entreprise brûle du cash et que les actionnaires ordinaires se font diluer. Burry mise sur un effondrement d’ici 2027. Et ce sera plus sanglant que la bulle Internet, parce que cette fois la bulle est adossée à des milliers de milliards de dettes, pas juste à des valorisations boursières excessives…
Laisser un commentaire