[notes pour une dérive contrôlée]

[note] La vitrification du monde, ou quand produire, c’est détruire

Le rapport Pew Charitable Trusts vient de sortir et, décidément, on est mal : 280 millions de tonnes de pollution plastique annuelle d’ici 2040, soit un camion-poubelle déversé chaque seconde… La production augmente de 52%, les émissions de 58%, propulsant le secteur au rang de 3e émetteur mondial de CO2 si on le comparait à un pays.

Des chiffres qui disent le fonctionnement ordinaire du capitalisme, ce système économique qui traite la planète comme surface d’extraction et de dépôt et nous entraîne tout droit dans le précipice (ou dans la décharge, devrais-je dire…) : 16 000 substances chimiques identifiées dans les plastiques, dont un 1/4 potentiellement nocives, colonisent déjà océans, sols, faune & corps humains. Le rapport estime à 9,8 millions d’années de vie en bonne santé le coût sanitaire pour 2040, à cause des cancers, maladies respiratoires, perturbations endocriniennes…

Pendant ce temps, les pays producteurs bloquent les traités internationaux et les subventions à l’industrie du crime continuent ; et le recyclage stagne sous les 10%…

Rappel : les solutions proposées – meilleur design, infrastructures de réutilisation, améliorations des taux de recyclage, réduction de la production primaire – sont toutes techniquement réalisables mais, tant que la logique d’accumulation prime sur la préservation des conditions d’existence, les conférences et autres COP se multiplieront en pure perte.


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