L’idée de « cartels cognitifs » contrôlant des architectures de pensée propriétaires renvoie, non plus à la question « qui accède à mes pensées ? », mais à la question « qui contrôle la manière dont je peux penser ? » Imaginons ce monde qui vient avec ses « modes de pensée premium » accessibles par abonnement, ou ses architectures cognitives optimisées pour certaines tâches mais verrouillées par des DRM neuronaux ! Des humains locataires plutôt que propriétaires de leurs propres augmentations cognitives ! Dès lors il ne s’agira plus de s’inquiéter de savoir si l’IA nous remplacera (cette vieille foutaise) mais bien de savoir, au fond, qui détiendra les clés de nos augmentations cognitives. Ou pour le dire autrement, la question ne sera plus « homme ou machine ? » mais bien « qui possède l’interface ? »
Dans ce contexte, la théorie de Gaillard sur la lecture comme « première hybridation réussie » nous le suggère clairement : la lecture, technologie cognitive open source s’il en est (personne ne peut breveter la méthode syllabique ou privatiser l’acte de lire), devient l’un des derniers espaces de souveraineté cognitive absolue et, ce faisant, un « garant d’une forme de continuité de l’homme »…
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