En 24 h, 1,55 milliard $ sont entrés sur Coinbase. Pas en Bitcoin, mais en USDC, une “monnaie numérique” créée par l’entreprise Circle qui promet “1 USDC = 1 $ réel”. Derrière ce flux massif, un capitalisme financier à l’état pur, où plus rien ne produit de valeur concrète. Bitcoin ne fabrique rien, Ethereum héberge surtout des applications pour… trader d’autres cryptos, et l’USDC représente juste des dollars. Tout ce système ne fait que faire circuler du capital, empiler des paris sur d’autres paris, extraire des frais à chaque étape. Sur les 100 milliards qui circulent quotidiennement sur les marchés crypto, des millions sont prélevés invisiblement par les plateformes, les émetteurs de stablecoins, les robots de trading. En gros, c’est une sorte de gigantesque casino où les croupiers (Coinbase, Binance) prennent leur commission, où les gros joueurs (BlackRock, les fonds) voient les cartes avant de jouer, et où les petits parieurs alimentent une machine conçue pour extraire leur épargne…
Cette architecture n’existe que parce que les financiers ont compris un truc : plutôt que combattre les régulations bancaires mises en place après 2008, construire une infrastructure parallèle qui les ignore totalement. Circle et les autres émetteurs de stablecoins ont donc créé 150 milliards de “dollars privés” qui circulent 24h/24, instantanément, sans réserves obligatoires, sans supervision de banque centrale, ni garantie des dépôts. C’est le shadow banking (1) version tokenisée : déplacer des centaines de milliards en quelques clics, contourner JP Morgan et la Fed, créer son propre système monétaire privé.
Comme pour l’IA avec ses 2 000 milliards de dettes bâties sur des revenus inexistants, comme pour l’immobilier en 2008, les institutions qui injectent ces milliards aujourd’hui se retireront avant l’effondrement. Elles ont les algorithmes, les informations privilégiées, et surtout : elles savent que leur système n’est qu’un château de cartes bâti sur des sables mouvants. Quant aux petits porteurs qui “investissent” leurs économies, ils seront comme d’habitude les dindons de la farce… tandis que les États renfloueront le système en vidant les caisses publiques. Le capitalisme tokenisé, c’est ça : un monde où ceux qui créent les jetons, contrôlent les plateformes et programment les algorithmes capturent la valeur pendant que des millions de gens “investissent” dans l’avenir… avant d’être plumés.
Résumé : pendant qu’on nous répète qu’il n’y a “pas d’argent” pour les hôpitaux, les écoles ou le climat, les milliards circulent entre plateformes sans contrôle démocratique et les marionnettistes se gavent…
(1) Shadow banking : système financier parallèle (donc non régulé) composé d’institutions qui font de la banque (prêter, créer du crédit, gérer l’épargne) sans être des banques et donc sans supervision des banques centrales. Exemples : fonds spéculatifs, fonds de crédit privé, et aujourd’hui plateformes crypto et émetteurs de stablecoins. Ce système pèse environ 200 000 milliards de dollars mondialement, soit 2 fois le PIB mondial, et a joué un rôle central dans la crise de 2008…
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