
Epidémia, de Xavier Lescure – Dénoncer avec un « sentiment d’urgence » la noirceur et la mégalomanie de l’espèce humaine, et appeler une « révolution conceptuelle » pour faire face aux risques sanitaires liés notamment à la déforestation massive et l’élevage intensif (Ébola, Lassa, Marburg, H5N1 etc.). Voilà a priori le programme de Xavier Lescure, infectiologue à Bichat et ancien conseiller d’Olivier Véran. Il y a quelque chose d’abject dans le fait de grimper les escaliers des ministères pourvoyeurs de médailles et les dévaler en essayiste de la résistance, ou plutôt du care, c’est le mot utilisé par Libé. Car en fait de résistance, on aurait droit à une tirade obscurantiste où tout serait une question de capacité individuelle à affronter le réel, d’éducation et de manière de gouverner, ce genre de verbiage porté par une horde de pseudo-intellectuels rétrogrades qui polluent l’environnement culturel de nos jours. Le mode de production capitaliste et ses saccageurs, c’est-à-dire ses responsables (BNP Paribas ou encore Casino qui s’illustrent à merveille en Amazonie) n’apparaîtront naturellement nulle part. Ainsi le chevalier Lescure vient-il ajouter à la pile un bouquin qui se contente d’évoquer l’interdépendance ontologique du vivant, de fulminer contre l’anthropocène et les ravages tous azimuts d’un capitalisme qu’il se refuse de nommer, pour finalement supplier les fonctionnaires du capital d’une prise de conscience… Les conseils d’administration du CAC 40 peuvent dormir sur leurs deux oreilles, comme on dit.
Axel, 6 octobre 2026
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